Quand nous sommes arrivés sur l’Ile de la Réunion et avons commencé notre périple là bas, nous avons vite croisé des camions sur la route plein de canne à sucre, car nous étions en fin de la campagne sucrière. Petit à petit, nous avons aussi vu les immenses étendues de champs de canne à sucre, c’est vraiment magnifique comme paysages ! En fait, la culture de la canne à sucre est une activité agricole traditionnelle sur l’île. La culture et l’exploitation de la canne à sucre permettent de faire vivre plus de 15.000 personnes (emplois directs et indirects), ce qui en fait le premier « employeur » de l’Ile.
Il y a sur l’île deux usines de transformation, et pendant la campagne sucrière, il est possible de les visiter. J’avais opté pour visiter l’usine du Gol, vraiment impressionnante …. Dans cette usine, près de 9 000 tonnes de canne à sucre est broyée par jour, ce qui fait qu’elle produit 40 tonnes de sucre en une heure.
Pour produire du sucre de canne comme nous avons l’habitude de le consommer, il faut une tonne de canne pour produire un kilo de sucre, mais ce qui est bien, c’est que tous les « déchets » issus de la production sont valorisés : 15 % de l’électricité produite dans l’île est issue de la combustion des résidus de la canne (la bagasse), les mélasses servent pour la fabrication du Rhum, et les pailles restées au champ sont valorisées dans les filières animales. Les écumes et boues d’usines sont intégralement recyclées et servent d’engrais pour l’agriculture locale.
Après l’explication des consignes de sécurité (et avoir récupéré son casque obligatoire !!), la visite commence par une vidéo qui nous explique le prodédé de fabrication du sucre de canne, puis nous nous rendons à l’entrée de l’usine ou une queue de camions déchargent leur contenu, les cannes à sucre juste ramassées dans les champs. Vous savez comment on surnome ces camions sur l’ïle ? les cachalots …
On commence par le découpage en petit morceau de la canne, dans d’énormes machines, puis le pressage. On évacue les bagasses, et le jus est purifié grâce à des cuves à chaux.
Un bac d’épuration sépare la chaux du jus. Les écumes et boues sont évacuées à ce moment, et le jus est cuit pour que l’eau puisse s’en évaporer, on obtient alors un « sirop la cuite » que l’on nous a fait goûté lors de la visite.
Ce sirop doit ensuite être transformé en sucre, pour cela on lui ajoute des grains de sucre pour que le sirop recopie à l’identique ces grains. C’est ce qu’on appelle la cristallisation. On récupère encore du sirop de cette étape, qui sera à son tour centrifugé pour en extraire encore du sucre (vous me suivez ? c’est pas compliqué !).
Les derniers jus qui restent sont appellés mélasse, c’est un jus très foncé, très caramélisé qui sert à la fabrication du rhum. Quand au sucre, 70 % de la production est expédié en Metropole pour être de nouveau raffiné. On le trouvera en grandes surfaces sous le nom « la Perruche », et « Blond Villiers ». Une partie restera sur l’île et le sucre est commercialisé sous le nom « Mascarin ».
Cette visite extrêmement intéressante se termine dans la boutique de l’usine pour une dégustation de rhum, mais avec un p’tit bonhomme qui avait a peine un mois et demi dans mon ventre, je me suis abstenue.
Si vous êtes en vacances à la Réunion, toutes les infos pour visiter sont ici [7].